Communauté Sant’ Egidio – L’éveil à l’Espérance

Zoé et Sarah, membres de la Communauté Sant’ Egidio sur Marseille, sont venues pour proposer à nos jeunes des maraudes tous les samedis de l’année pour devenir ami des pauvres. « Nous sommes heureuses d’être là aujourd’hui à Don Bosco » a commencé Zoé. « Ça vous arrive d’aller à la rencontre des pauvres de vos rues ? », demande Sarah.  Les élèves répondent aux questions de Zoé et Sarah.

  • Enzo: « Bien sûr ! Au pied de mon immeuble, il y a plusieurs personnes qui vivent. Ça me fait de la peine. Souvent, je parle avec eux.
  • Steven: Je ne suis pas capable d’ouvrir la bouche devant la misère.
  • Pauline: Avez – vous rencontré des gens qui ont quitté la rue ?
  • Oui, bien sûr, je vous propose de regarder un film créé avec des sans –abris et des volontaires de la Communauté Sant’Egidio où on peut voir les liens d’amitiés qui se sont tissés entre eux. »

Le temps de maraude des samedis …

Le soleil brille à Marseille et Zoé commence la rencontre par une prière : « Nous sommes réunis pour être ensemble et mieux comprendre comment construire cette grande famille des jeunes pour la Paix. Pour cela, nous avons écouté un passage du livre des Actes des Apôtres Ac 3, 1-10 qui nous présente Pierre et Jean rencontrant un homme qui fait l’aumône. Qu’attend-t-il d’eux ? Quelques pièces, rien de plus, parce qu’il sait d’expérience que les hommes sont avares et qu’il y a peu ou rien à attendre. C’est homme n’a plus d’espoir pour son avenir, il y a beaucoup de personnes dans le monde qui sont comme lui. Il y a tant de personnes désespérées qui peuplent le monde et que nous ne parvenons pas à voir parce que nous sommes distraits et concentrés sur nos problèmes. Mais qui pense à eux ? Et qui leur rendra l’espoir ? Nous sommes appelés à ouvrir notre cœur aux souffrances du monde, à entendre l’appel des pauvres, à se mettre à leur service pour lutter contre toute forme de pauvreté et d’égoïsme en nous…  Nous chantons un chant : « Nous n’avons pas beaucoup de richesses, nous n’avons ni or, ni argent. Seulement la Parole du Seigneur, lève-toi et marche avec nous… » Nous finissons notre prière en récitant le « notre père » … Le silence règne. Tout le monde est invité à participer à la prière.  Ça y est, le temps de la maraude commence et nous nous séparons en deux groupes. Un professeur d’anglais se joint à nous, et ça tombe bien car nous avons rencontré un anglais, Charly. Il ne demande rien, il veut juste parler. Il parle, parle, parle et le temps passe vite avec lui. Manque de chance, le professeur d’anglais est dans l’autre groupe. Nous nous sommes donc débrouillés en anglais. Linda, une belle maman avec son bébé nous demande de lui acheter des couches peu importe la taille…  Un autre SDF, Daniel, laisse ses affaires à l’accueil d’un hôtel et espère que les piétons lui donneront assez de sous pour payer encore une nuit à l’hôtel. Nous lui proposons un café qu’il accepte volontiers. Philipe : « J’ai un appartement mais je suis toujours au même endroit dans la rue pour parler. Je suis un mec solitaire et j’aime être seul. J’ai vécu avec un pote et sa femme, mais ça m’énerve de vivre avec les autres. J’aime aussi lire. » Nous rencontrons Luna, une élève à Don Bosco qui nous demande si elle peut nous accompagner pour la maraude : « Ça doit être cool et c’est bien que vous fassiez ça ». Nous avons été heureux que Cyril, le professeur d’anglais, et Baptiste soient venus à la maraude.

Les jeunes témoignent après la rencontre.

Rayan : « Ce qu’elles font est intéressant et important. J’ai retenu que pour rendre la vie belle, l’amitié est nécessaire avec ceux qui n’ont rien. Ce qui m’a le plus plu pendant la rencontre c’est l’échange et c’est une bonne initiative de les faire venir. J’aime ce qu’elles font. C’est un bon geste et elles changent la vie des pauvres. Je voudrais leur poser une question : pourquoi faire ça ? ».

Matthias : « La rencontre m’a permis de voir qu’il est possible de réagir avec très peu de moyens pour que ceux qui sont dans le besoin se sentent importants et qu’une simple attention ne coûte rien mais fait du bien. La vidéo était très intéressante. Elles ont besoin de fonds et de notre engagement. Ça nous ferait du bien aussi de donner de notre temps. »

Anthony : « C’est bien de nous montrer des jeunes filles qui ont le même âge que nous et qui vont à la rencontre des personnes SDF en leur donnant un peu de café et de chaleur humaine. La vidéo sur leurs actions à Paris et Lyon m’a beaucoup plu. Je voudrais poser une question : qu’est-ce que ça vous apporte de faire ça ? »

Enzo : « Ce que j’ai retenu de cette rencontre, c’est que moi aussi je peux vivre une amitié avec les gens de la rue. »

Jean Philippe : « La rencontre avec eux m’a ouvert les yeux sur les gens qui vivent dans la rue, que Zoé et Sarah aiment aider les autres. Elles sont très gentilles et elles étaient à notre écoute. »

Alexandre : « Je suis heureux qu’elles soient venues nous voir parce que j’ai appris que des jeunes du même âge que nous aident les sans-abris. C’est positif de les rencontrer parce qu’on ne parle jamais de ce sujet. »

Anis : « C’est une rencontre sympathique ça m’a fait beaucoup réfléchir. Quand j’aurai un samedi libre, j’irai. Le sujet était très intéressant parce que je trouve que l’on ne parle pas assez de ça au lycée. Ça m’a beaucoup plu la vidéo qu’elles ont montrée. C’est bien que nous ayons abordé le thème sans tabou. »

Victor : « La rencontre m’a ouvert les yeux. Il faut penser aux autres, sacrifier du temps, oser la rencontre des gens que je n’aurai jamais osé rencontrer. Je voudrais poser la question : pourquoi vous avez fini dans la rue ? La rencontre m’a beaucoup plu. »

Grégoire : « Elles font de beaux gestes pour aider les sans-abris et en plus c’est un sujet très intéressant. »

Freddy : « On retient qu’elle sacrifie leur temps libre pour vivre une expérience d’amitié avec les pauvres. On n’a pas l’habitude de voir ça. J’irai volontiers faire des maraudes avec eux parce qu’elles sont sympas. »

Valentin : « J’ai retenu qu’elles aidaient les SDF en leur apportant un peu de réconfort et parfois elles deviennent amies avec eux. La vidéo qu’elles ont montrée montre des gens de la rue qui ont retrouvé une vie normale : un travail, un toit. Et en plus le cours d’échange est très intéressant avec des intervenants comme ça. »

Kévin : « J’ai retenu qu’elles parlaient et donnaient de la nourriture aux pauvres et donnaient des cafés pour les sans –abris. J’ai retenu un seul message : c’est que la vie est belle ensemble. Ce qui m’a plu c’est de voir un groupe de personnes qui se déplace pour communiquer avec les sans-abris et créer un lien d’amitié. »

Paul : « Je suis content parce qu’elles ont répondu à toutes mes questions et ont bien expliqué leur démarche avec la vidéo. J’ai compris que ça ne me plaisait pas car ça me concerne pas. J’ai peur d’aller à la rencontre des gens de la rue parce qu’ils vont me raconter des choses très dures. »

Dylan : « J’ai compris que leur association aide les gens de la rue à long terme pour qu’ils trouvent du travail et un abri. »

Johan : « C’était bien on apprend à mieux s’intégrer et on change de regard sur les gens de la rue et en plus j’ai raté une heure de cours d’anglais. »

Bastien : « Elles ont le même âge que nous et elles font du bien aux sans-abris en leur proposant de leur temps libre et elles se débrouillent bien pour avoir un peu de nourriture pour eux. J’ai retenu que dans la vie, il faut aider les autres et avoir confiance. Personnellement, ça ne m’intéresse pas de faire pareil. »

Nicolas : « La rencontre m’a ouvert les yeux, qu’il est important de rompre avec les clichés et qu’il n’y a que des êtres humains qui ont besoin de nous. C’est très intéressant les personnes qui parlent comme elles, elles sont dans le vrai. Ce qui m’a le plus plu c’est le témoignage des pauvres. J’ai bien aimé mais c’est très gênant de voir les choses que vivent les gens de la rue. C’était vraiment bien, elles ont bien détaillé leur démarche. »

Samuel : « J’ai retenu de cette rencontre qu’il est important de partager ce qu’on a avec les personnes qui n’ont rien et de discuter, ne pas les ignorer. Nous avons tendance à commencer à marcher plus vite en voyant des personnes qui demandent de les aider. »

Luca : « Elles font partie d’un groupe qui fait sourire les pauvres. Ça m’a fait du bien d’entendre que les autres sont dans une plus grande galère que moi. J’ai remarqué qu’il y a différents types de pauvreté. Quand on parle avec quelqu’un, tout de suite, on se rend compte qu’on a plein de personnes autour de nous : des parents, l’école, des profs mais quand on est complètement dépouillé et que l’on n’a rien, que reste – il ? Viens dans les quartiers Nord pour voir ce qu’est la misère. »

Baptiste : « C’est une bonne action et j’irai voir ce que ça donne sur le terrain. J’ai retenu un seul mot qui peut me guider toute ma vie c’est le courage et écouter les autres. Je voudrais vous dire continuez et je viendrai vous aider. »

Romain : « C’est cool de faire ça avec les pauvres et je suis d’accord avec vous, il faut agrandir votre communauté parce qu’aider les pauvres gens dans rue ça me paraît cool. »

Jean-Charles : « Elles aident des personnes sans-abris en leur donnant quelque chose et en leur racontant quelque chose de beau. C’était très intéressant et j’ai retenu qu’il faut s’aider les uns les autres. On peut être riche mais tout seul dans son appartement. »

Lorien : « Ces deux jeunes filles ont créé sur Marseille une association qui vise à aider les pauvres et créer des liens d’amitié. Elles sont venues pour agrandir leur communauté. J’ai retenu de cette rencontre que le plus important c’est d’écouter. »

Natan : « Ce que j’ai retenu de cette rencontre, c’est qu’elles aident comme elles peuvent avec leurs sous les sans-abris. Elles ont présenté un film où la parole est donnée aux pauvres qui ont trouvé un travail, un toit. Et voir les pauvres heureux ça donne chaud au cœur. »

Nous essayons d’être présents tous les samedis à ces maraudes sauf pendant les vacances.

R. Janiec

 

 

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