Maraude de la Croix Rouge

Maraude de la Croix Rouge : Aimer, c’est apprendre à écouter la différence de l’autre.

Les boissons et les vêtements vont être chargés dans le camion avant le départ  pour être distribués. Chaque produit embarqué dans le camion doit être noté pour permettre une fois la maraude finie de déterminer le nombre de produits distribués, ce qui permet de faire des statistiques pour les futures commandes.
Il est maintenant 19h, les produits sont chargés, les gilets sont enfilés, il manque plus que le briefing et la maraude pourra commencer. Durant cette maraude, nous effectuerons un circuit dans les quartiers sud (corniche, Perrier, Castellane, Goudes, Bonneveine ).
De 19h00 à 2h00 : Nous voilà partis…
Le premier bénéficiaire rencontré était un homme installé près d’une poste, il était avec son petit chien. Cet homme se nommait Thierry et avait 38 ans.
Nous sommes restés un peu en retrait pour voir comment les bénévoles expérimentés établissaient un lien social avec le bénéficiaire. Le premier réflexe lorsque l’on sort du camion est de saluer la personne par un simple “bonjour monsieur ” ce qui crée dès le départ une bonne entente et un début de lien social. Le second procédé et de lui proposer quelque chose à boire ou à manger et voir si cette personne à besoin de quelque chose en particulier.
Ensuite, le bénéficiaire par lui-même entame souvent la discussion et nous parle d’un sujet quelconque.
Une des premières choses que j’ai retenu de cette maraude est que le bénéficiaire n’a pas principalement besoin d’une soupe ou d’une madeleine, la soupe et la madeleine servent à mettre en place un climat de confiance car la chose dont le bénéficiaire a réellement besoin est de discuter de ce qu’il a envie et surtout d’être écouté.  Dès le moment où nous avons compris cela,  toute la mission du samu social de la Croix Rouge de Marseille qui est principalement de créer un lien social a pris son sens.
De plus, la rencontre avec Thierry reste un évènement marquant car malheureusement nous avons vu de nos propres yeux les harcèlements et insultes dont sont victimes les gens de la rue. En effet devant nos yeux surpris, une femme âgée a commencé à lui parler sur un ton agressif, lui reprochant le fait qu’il se soit installé ici ; elle lui reprocha avec agressivité le fait qu’il ne soit pas dans un centre d’accueil pour sans abri.
Une des choses que nous avons appris grâce aux bénévoles est que les centres d’accueil pour sans abri sont souvent des lieux violents où les bénéficiaires n’hésitent pas à se voler leur affaires entre eux. Cela justifie donc leur refus de les intégrer.
Durant cette soirée nous avons vu 18 bénéficiaires, mais malheureusement nous n’avons pas pu établir un lien social avec tous. En effet certains dormaient, d’autres refusaient notre aide et enfin d’autres nous parlaient très peu.
Puis nous avons pu voir que le Samu social suit un chemin régulier, car ils savent à peu près où sont les gens. Ils ont des bénéficiaires habituels comme par exemple l’homme présent dans le parking du Carrefour  de Bonneveine : cela fait plus de 15 ans qu’ils le connaissent.
Enfin nous avons aussi remarqué que certains bénéficiaires essaient de se sortir de cette misère en travaillant au noir. Mais d’autres ont pris la rue et la misère comme habitude et il est quasiment impossible de les en faire sortir.
Pour conclure, cette maraude nous a ouvert un nouveau point de vue dans notre vie de pré-adultes. Malgré la misère que nous avons pu voir, cela nous a fait du bien moralement. Créer des liens sociaux avec les gens de la rue  est la meilleure chose que nous pouvons leurs fournir, même si la nourriture leur permet de survivre, avoir quelqu’un à qui parler leur offre l’occasion de se soulager psychologiquement. Nous avons aussi remarqué que lorsqu’ils voient des jeunes bénévoles arriver cela leur fait plaisir.
Personnellement, Melchio Clement et moi Anthony Galli sommes prêts à assumer encore une fois un rôle de bénévole pour le Samu social et nous les remercions énormément pour cette expérience.

Melchio Clément et Anthony Galli, élèves de T SI.

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