Pèlerinage avec Mgr Pontier en Pologne – L’expérience polonaise

Nous sommes partis en Pologne avec 140 Marseillais pour comprendre ce qui s’était passé là-bas notamment avec le mouvement « Solidarnosc » qui a eu une répercussion importante dans le monde, pour une avancée concrète de la démocratie, pour tous les mouvements de libération et pour tous ceux qui veulent agir, là où ils se trouvent, pour un monde meilleur.
La Pologne a su répondre à l’invasion soviétique en 1920, à l’agression allemande et soviétique en 1939, et malgré cela, après la guerre, elle est restée dans le bloc soviétique. Quelle espérance habitait les cœurs des Polonais ! Ils n’ont pas sombré dans le désespoir mais ils ont gardé la foi et l’église polonaise est devenue source d’optimisme à travers toutes les épreuves. Cela a donné naissance au syndicat dit « Solidarité » qui a fait tomber le mur de Berlin.
« Lorsque j’évoque le chemin de ma vie », écrit Walesa leader du syndicat « Solidarnosc », « je dois parler de violence, de haine, de mensonge. Mais la leçon de ces expériences, c’est que nous ne pouvons nous opposer à la violence qu’en renonçant nous-mêmes à y recourir. L’expérience polonaise met en pleine lumière cette difficile, dramatique expérience. Mais je crois que c’est une expérience orientée vers l’avenir. Ce qui s’est produit dans la conscience humaine et qui a formé l’attitude des gens, ne pourra être ni effacé ni brisé. Je disais avant, qu’en Pologne, l’entente et le dialogue sont une nécessité fondamentale. Je pense que la même chose concerne le monde contemporain : il faut parler, il ne faut fermer aucune porte, ne rien faire qui pourrait bloquer des possibilités d’entente. Et se souvenir que seule une paix bâtie sur la justice et l’ordre moral est une paix durable. »

Aime et dis-le par ta vie – Père Maximilien Kolbe
Nous avons marché sur les pas de Maximilien Kolbe, un frère franciscain polonais, qui s’est offert en mourant à la place d’un père de famille, Franciszek Gajowniczek, dans le camp de concentration nazi à Auschwitz (nom allemand d’une ville polonaise Oswiecim). Il fonde la Mission de l’Immaculée : spiritualité fondée sur le don total à l’Immaculée conception pour devenir un instrument entre ses mains. Sur la même lancée, il crée en janvier 1922 le journal « le Chevalier de l’Immaculée ». En août 1927, il fonde Niepokalanow, « la cité de l’Immaculée », près de Varsovie où ils seront jusqu’à près de 800 religieux. Il y met en place une maison d’édition et une station de radio, où il était lui-même radioamateur, toutes deux destinées à promouvoir la vénération de la Vierge-Marie tout particulièrement dans le mystère de l’Immaculée Conception. En 1930, il vit le même apostolat au Japon avec quatre frères, où, en 1931, il fonde une autre Cité de Marie près de Nagasaki.

Varsovie, ville martyre et éternellement insoumise
Les années 1939 -1945 représentèrent pour la Pologne une succession de malheurs qui ne sont comparables avec aucune autre période de la vie nationale. Hitler a attaqué la Pologne et après 17 jours, il s’avéra que les Soviétiques attaquèrent également le pays, en accord avec Hitler pour le partage du territoire polonais. L’occupation était, en Pologne, plus dure qu’ailleurs. Un sixième de la population a péri durant la guerre.
Notre passage à Varsovie nous a permis de comprendre la ville martyre, détruite à 85 % pendant la dernière guerre mondiale, et de comprendre plus en profondeur le destin tragique des Juifs Polonais avec l’impact moral et historique de l’insurrection du ghetto de Varsovie en 1944. En 1944, le ghetto de Varsovie n’est plus qu’un champ de poussière et Hitler demande sa destruction systématique. Mais le 01 août 1944, à Varsovie, la résistance intérieure polonaise, déclenche un soulèvement contre l’occupant allemand.
Trompant l’espoir des combattants qui comptaient sur son soutien, l’armée soviétique s’arrêta sur les bords de la Vistule et laissa aux Allemands le temps de liquider l’insurrection, réputée antirusse et anticommuniste, autant qu’antiallemande et antinazie ! La résistance dépassa les prévisions allemandes, même si l’issue était certaine au vu du déséquilibre des forces, Arie Wilner (dont le pseudonyme était Jurek), a résumé le sens de ce combat en ces termes : «Nous ne voulons pas sauver notre vie. Personne ne sortira vivant d’ici. Nous voulons sauver la dignité humaine ».
Après la guerre le sort de la Pologne avait été scellé part le diktat de Staline mais aucun Polonais n’en avait été informé. Le combat contre l’Eglise constituait un trait particulier du totalitarisme communiste. Il s’agissait de retirer à la société son indépendance spirituelle. Il convenait donc de détruire la religion qui représentait la source d’espoir la plus profonde. Il fallait paralyser tout le réseau pastoral. Ce n’était pas une tâche aisée, surtout en Pologne où la population nourrissait un profond attachement à la foi et où l’église se révéla solidaire à de nombreuses reprises comme le Fondement de son identité spirituelle.

Plus fort après sa mort que durant sa vie – Père Jerzy Popieluszko

Nous avons rendu hommage à l’une des nombreuses victimes, le Père Jerzy Popieluszko, enlevé et assassiné par la police politique communiste le 19 octobre 1984, alors qu’il rentrait d’une visite pastorale . Il fut retrouvé quelques jours plus tard dans un réservoir d’eau de la Vistule, où il avait été jeté pieds et poings liés et lesté après avoir été battu à mort par les trois officiers du « Service de sécurité » (SB) du commando chargé de le liquider.
Ce n’est pas le seul prêtre catholique à avoir été assassiné par le pouvoir communiste en Pologne, mais la particularité du père Jerzy, c’est que ses messes pour la patrie (c’est ainsi qu’on les appelait) attiraient les foules dans sa paroisse du quartier de Żoliborz à Varsovie. Son charisme et sa foi exceptionnels ont été source de nombreuses conversions, y compris après sa mort.

Appel de Jasna Gora
La prochaine étape après la paroisse de Popieluszko fut le sanctuaire de Jasna Góra (latin : Clarus Mons, français : Clermont), situé à Częstochowa. Ce sanctuaire est lié à la présence en ses murs de l’icône de la Sainte Vierge (Madone noire). En arrivant, un grand titre disait : « C’est ici que nous avons été toujours libres… ». Nous participons à l’Appel de Jasna Góra, qui est la prière que récitent les Polonais à 21h00. En union spirituelle avec le Sanctuaire de Jasna Góra, les paroisses polonaises et les familles chantent le chant « Maryjo Królowo Polski » (« Ô Marie, Reine de Pologne, je suis près de Toi, je me souviens de Toi, et je veille ! »). Nous avons appris ce chant et nous avons chanté aussi bien que des Polonais. Cette prière est retransmise tous les soirs par la télé. Nous avons prié avec plusieurs polonais présents ce jours-là. Un nombre important de jeunes polonais est venu avant les examens pour prier avec nous. Sur les visages de certains français ont coulé des larmes.

Cracovie

Notre pèlerinage à travers la Pologne s’est poursuivi à Cracovie avec une première visite de la ville où nous étions accompagnés d’un guide et où nous avons eu du temps libre pour faire des achats.
Wadowice – ville de Jean Paul II et son message prophétique « N’ayez pas peur ! »
Nous y avons découvert l’importance de sa vie et le message qu’il a laissé. Les épreuves qu’il a eu à endurer dans sa vie, la mort de ses parents et de son frère, le nazisme, le communisme… n’ont pas été faciles. Malgré cela, il est le symbole d’une génération qui a connu très peu de joie mais beaucoup de défis.
Aujourd’hui, le problème de l’Europe, c’est justement la peur ! La peur de l’avenir, la peur des immigrés, la peur de perdre son identité et ses richesses. La conséquence de ces peurs, c’est d’oublier la route et de suivre l’égoïsme.
Les mots de Jean-Paul II sont un appel à la responsabilité individuelle et collective. Ces mots du pape sont un message pour tout le monde, croyants et non croyants, hier comme aujourd’hui.

Auschwitz – Ceux qui ignorent le passé sont condamnés à le revivre.
Notre arrivons dans un lieu d’extermination, le site de l’ancien camp d’Auschwitz et Birkenau. Nous apprenons l’histoire de Witold Pilecki qui, selon son propre aveu, « a été contraire au bon sens ». Il se fit volontairement arrêter à Varsovie lors de la deuxième grande rafle qui se déroula le 19 septembre 1940 pour être interné dans le camp d’Auschwitz. Il passa deux ans et sept mois, 947 jours, pas loin d’un millier, dans ce qu’il qualifiait d’ « enfer ». Son objectif, alors que près de 5000 Polonais y étaient déjà prisonniers : construire une organisation militaire de résistance dont il définit lui-même les tâches. Son rapport est d’autant plus passionnant qu’il éclaire une partie fondamentale de l’histoire des camps d’Auschwitz, celle du camp presque exclusivement composé de polonais. En effet, les témoignages ou les œuvres publiés en France qu’ils soient le fait de déportés de la Résistance, comme Charlotte Delbo, ou de survivants juifs, ne portent que sur la période qui suivit la présence des premiers Français, c’est – à – dire après 1942.
Nous passons sous l’inscription devenue fameuse « Arbeit Macht Frei », le travail rend libre. Nous apprenons qu’à Auschwitz, l’identité se réduit à un numéro qui indique aussi l’ordre d’entrée au camp. Pilecki sera le numéro 4859. Environ 1 1 00 000 hommes, femmes et enfants y sont morts d’épuisement, de mauvais traitements, ou y ont été assassinées, parmi eux un million de juifs et 75 000 Polonais, ce qui en fait le plus grand cimetière polonais de la Seconde Guerre mondiale.
Pilecki, avec deux compagnons, s’évada du camp. Comme l’a écrit le commandant SS du camp Auschwitz à ses supérieurs : « La population d’ici est fanatiquement polonaise et prête à affronter l’équipe du camp SS. Chaque prisonnier qui réussit à s’évader peut compter sur toute aide dès qu’il arrive à rejoindre la première maison polonaise. »
Le guide nous a rappelé que les témoins et survivants ont transmis ce qu’ils ont vu et vécu et que c’était maintenant à notre tour d’apprendre et de transmettre aux futures générations ce que nous avons vu et entendu.
Primo Levi a dit : « Si comprendre est impossible, connaître est nécessaire pace que ce qui est arrivé peut se reproduire ».

Wieliczka – la ville de sel souterraine
C’est la plus ancienne mine de sel d’Europe encore exploitée à ce jour. Nous sommes descendus à 135 m de profondeur. A une centaine de mètres de profondeur, nous avons vécu un moment surprenant parce que se trouve là-bas la plus belle salle de la mine, la chapelle de la bienheureuse Kinga de Pologne (Cunégonde), entièrement de sel, qu’il s’agisse du sol, des reliefs, des statues, des sculptures ou même des lustres. De nombreuses scènes bibliques sont représentées, on y trouve également une crèche de Noël avec tous ses personnages. Nous apprenons qu’on peut se marier mais il faut réserver deux ans avant. Mais attention l’ascenseur est prévu pour 35 invités. Pour les autres, il faut payer pour remonter à la surface.

Les jeunes ont livré leur témoignage après le pèlerinage :

Marie : « Après les JMJ en 2016, je suis de nouveau de retour en Pologne pour découvrir et approfondir ma foi en Dieu. Ce qui m’a le plus marquée, c’était que j’étais la plus âgée du groupe et je suis venue découvrir les lieux importants pour les Polonais. La célébration de la Vierge Noire à Czestochowa avec le peuple polonais à 21 heures à la chapelle m’a beaucoup émue et j’ai été portée par la ferveur de la prière polonaise. Je voudrais revenir encore à Czestochowa. Le lieu de martyr à
Auschwitz m’a impressionnée. Je suis fan de la cuisine polonaise mais cette fois nous avons mangé trop de patates. J’ai bien compris que le pape polonais Jean Paul II est un grand homme et compte beaucoup pour les polonais. Le père Maximilien Kolbe m’a fascinée par son courage de donner sa vie pour un père de famille et le Père Jerzy dans sa détermination jusqu’au martyr. Je suis touchée par la bienveillance des gens en Pologne. »

Théo : « J’ai beaucoup voyagé en France, en Italie et en Espagne. Ce qui m’a fait le plus peur avant le voyage, c’est la solitude car je ne connaissais personne dans mon groupe. Ce qui m’a le plus marqué, c’est la bonté de l’église polonaise qui est très visible. J’ai beaucoup apprécié la célébration à Czestochowa devant la Vierge Noire avec le peuple polonais. Les lieux qui m’ont le plus marqué, c’est Auschwitz sans hésitation. La cuisine polonaise est excellente mais nous avons mangé trop de patates. J’aime beaucoup Jean Paul II, c’est un homme qui reste humble et fort devant toutes les difficultés qu’il a rencontrées dans sa vie : la mort de sa Mère, de son frère et de son père. La confiance qu’il a eu dans la jeunesse, « vous êtes l’espérance de l’église d’aujourd’hui pas de demain », m’a beaucoup plus. J’aimais beaucoup l’organisation du pèlerinage. Le plus difficile, c’était les 28 heures dans le bus. J’ai découvert la Pologne et les Polonais sont trop gentils. J’ai trouvé que l’architecture est variée et les maisons sont jolies. »

Louise : « Ce qui m’a le plus marquée, c’est les 28 heures dans le car et de temps en temps, la température qu’il y faisait. La prière à 21 heures avec le peuple polonais, les chants polonais et la Messe le lendemain dans la chapelle de la Vierge Noire étaient des moments très marquants. Auschwitz – Oswiecim était le lieu qui a été le plus captivant et le plus triste à la fois. C’est le lieu qui m’a transmis le plus de sentiments. Je suis très fan de la cuisine polonaise. Les personnages qui m’ont le plus marquée, ce sont les Pères Maximilien Kolbe et Jerzy Popieuszko. Ceux qui ne sont pas venus, ils ont manqué de faire une grande expérience mais j’ai pensé qu’ils ne veulent pas participer à des activités trop religieuses. Les polonais sont des personnes très intéressantes et la Pologne, c’est un très beau pays. »

Luana : « Je n’ai jamais voyagé à l’étranger et pour cette raison, j’avais un peu peur. Ce qui m’a le plus marquée pendant le voyage, c’est la bonté des personnes car tout le monde est gentil et bienveillant. Je ne sais pas quelle célébration j’ai préférée car je les ai toutes aimées. J’ai également apprécié tous les chants et les textes. Le lieu qui m’a le plus marquée est bien évidement Auschwitz car on a bien pu apprendre son histoire. Pour améliorer le voyage, il faudrait plus varier la dégustation de la cuisine polonaise et donner plus de temps libre pour faire plus de rencontres. Les deux choses qui étaient les plus compliquées, c’était les 28 heures de voyage et dormir dans une chambre à 10 personnes. C’est juste horrible. La Pologne est un pays magnifique, les églises sont très belles. Les polonais sont extrêmement gentils et bienveillants. »

Léa : « Ça fait plusieurs fois que je suis partie à l’étranger et je n’ai pas peur parce que je fais confiance à M. Janiec. Les moments marquants, c’était la prière à 21 heures dans la chapelle de la Vierge Noire à Czestochowa et surtout les chants polonais. A ceux qui ne sont pas venus, peut-être qu’il leur manque du courage et qu’ils ont juste peur de l’inconnu, il faut tenter de nouvelles choses pour avancer et grandir dans la vie.

R.JANIEC

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