Taizé 2017

Taizé  2017 – Don’t Worry, Be Happy-  Ne t’inquiète pas, sois heureux

 En arrivant à Taizé, je posais une question aux jeunes que je rencontrais : il est où le bonheur ? Plusieurs personnes ont répondu « c’est simple, c’est ici à Taizé le bonheur ». Une jeune fille m’a dit : « tu te poses trop de questions ; don’t worry, be happy… Voilà ta vie. » Rassuré, je continue mon pèlé dans la confiance : c’est ici le bonheur.

Notre séjour a commencé par une prière silencieuse pour la paix. Pendant la prière du soir, une lecture brève de la Bible :

« Jésus dit : « Je vous ai aimés. Demeurez en mon amour. Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Je ne vous appelle plus serviteurs mais je vous appelle amis. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi : mais c’est moi qui vous ai choisi. » Jean 15,9-17

« Continuez à vous aimer comme des frères. Contentez-vous de ce que vous possédez. » Hébreux 13-6

Fr. Maxime pendant son introduction biblique, nous a dit : « Vers 17 ans, mes parents me faisaient pression pour que je passe un BAC Scientifique. Logiquement, la prépa a suivi. Mais le choix que j’ai fait était source d’angoisses de plus en plus ; il me manquait quelque chose d’essentiel. Je suis venu à Taizé et en arrivant, j’étais persuadé que c’était ici et maintenant que j’allais me poser. Ma famille n’était pas croyante et quand j’ai annoncé mon plan de vie, c’était pour eux comme changer de planète. Mes parents se sont construit une prison dorée et il travaille pour avoir toujours le même niveau de vie. Personnellement, il me manque quelque chose d’essentielle. Au même moment, j’étais aussi persuadé que le gazon était toujours plus vert chez le voisin d’à côté, mais petit à petit je me suis orienté vers la vie à Taizé. Maintenant, je suis détaché de tout et je suis capable d’aller vivre en Egypte dans une petite fraternité pour quelques temps si c’est nécessaire bien sûr. Je suis ouvert à toutes les possibilités.

Jésus dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille. » Luc 9,46

Mgr Jean Marc Aveline est venu nous rencontrer : « Vous le savez, je suis né en Algérie et je suis Marseillais d’adoption. Mon enfance, je l’ai vécue dans les quartiers Nord. Au début, je voulais être camionneur, après prof, j’avais envie avoir une famille, des enfants mais à certains moments de la vie nous faisons des choix. Je voyais autour de moi des prêtres heureux et je voulais être comme eux. Etre prêtre pour moi, c’est la voix du bonheur. Une fois ordonné prêtre, je voulais aller faire de la Pastorale dans les quartiers que je connaissais bien mais l’évêque de l’époque m’a dit : « non, tu vas travailler au Séminaire et il faut étudier encore ».  Je suis venu vous écoutez … Avez-vous des questions ? ». Un des jeunes, Damien, demande à Mgr Aveline : « Pourquoi l’église s’intéresse au dialogue interreligieux ?  Qu’est-ce qui pousse les religieux à dialoguer entre eux ? Depuis quand ce type de dialogue est – il promu ?

C’est pas une question facile mais nous ne serions pas une église du Christ si nous ne nous intéressions pas aux autres. Jésus et les apôtres étaient Juifs donc le dialogue avec eux aller de soi mais avec les autres religions, c’est différent ! N’oublions pas que nous avons vécu la Shoah, que nous avons ouvert les yeux et que le pape Jean XXIII a initié le Conseil Vatican II qui marque un véritable tournant au sein de l’Église catholique en termes d’ouverture aux autres religions – via la déclaration Nostra Etate.  Le dialogue avec les croyants d’autres traditions permet une meilleure connaissance mutuelle, il est donc vecteur d’entente et de paix. En 1986, la rencontre d’Assise avait pour formule « il ne s’agit pas de prier ensemble mais d’être ensemble et prier. » Je voudrais vous poser aussi une question : pourquoi on est bien à Taizé même s’il n’y a rien ici ? « On est bien ici parce que c’est simple », répond Tobias.

Oui, tu as raison pour être heureux, on n’a pas besoin de grands choses. La simplicité nous facilite la vie. »

D’autres questions suivent : « Est-ce que vous doutez de Dieu ? Est-ce que dans la religion catholique il y a quelque chose qui vous fait douter ? Comment est née votre vocation ? Quand et comment vous avez décidé de devenir prêtre ? Pourquoi certaines personnes sont tuées au nom de Dieu ? ».

Bref, une tonne d’autres questions ont pu être posée par les jeunes. Le temps est passé très vite et il faut partir pour la suite du programme de la journée.

« Au jour d’angoisse, je cherche le Seigneur, la nuit je tends la main sans relâche. » Ps 77, 3

Raphaël présent pour la troisième fois à Taizé : « Je dois avouer que je sèche les cours à la Fac pour aller à Taizé et je voudrais dire que pour moi ça me tient à cœur. Je suis reconnaissant que les filles de Lacordaire et les jeunes de la paroisse de Bonneveine dorment dans les tentes comme ça je peux dormir dans le dortoir dur. Un grand merci. La rencontre m’a rendu plus forte et j’espère que l’expérience est unique. Je voudrais revenir l’année prochaine. J’aime la simplicité de prière de Taizé. Cette année, j’étais responsable du respect du silence pendant la nuit, c’est très dur…»

Julien pour la première à Taizé : « Je suis allé à Taizé pour rencontrer de nouvelles personnes et découvrir un lieu que je ne connaissais pas même si j’en avais entendu parler. La rencontre à Taizé a été une surprise parce que je ne m’attendais pas à une solidarité aussi importante.  J’ai retenu de mon séjour qu’il faut être tout le temps joyeux et heureux de vivre, avoir envie de rencontrer toujours de nouvelles personnes. Une chose m’a marqué, c’est que les repas n’étaient pas très nourrissants. Je suis allé à la chasse d’une gadji et j’en ai rencontré plusieurs, nous avons fait un petit chemin ensemble.  A ceux qui ne sont pas venus, je voudrais dire de venir au moins une fois et voir à quel point la rencontre des autres est merveilleuse. »

Clément pour la première fois à Taizé : « Je suis allé à Taizé grâce à ma mère et mon prof qui m’ont donné le goût de l’aventure. Je suis solitaire mais j’aime les moments de partage et les gens à Taizé sont ouverts aux autres. Je me suis fait beaucoup d’amis. A ceux qui manquent de courage pour y aller, je voudrais dire qu’il faut essayer au moins une fois car c’est une expérience merveilleuse.

Nous avons vécu quatre jours bien remplis, maintenant nous partons pour de prochaines expériences spirituelles. Nous remercions l’APEL pour le soutien financier apporté à notre pélé.

R. JANIEC

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