Chaque année, au début de l’année scolaire, est proposée une expérience de confiance à Lourdes. Le meilleur de chacun de nous se construit avec une confiance toute simple : faire confiance.
En répondant à cet appel à faire confiance à cette aventure, nous essayons de nous tourner vers Dieu tels que nous sommes, avec ce qui est bon, mais aussi avec les obscurités et même les fautes. Osons alors offrir à Dieu ce que nous sommes. Oui, parfois la vie nous jette à terre, et pendant un temps, le découragement prend le dessus. Mais, au contact des malades, nous apprenons qu’il est possible de se relever. Pour mieux comprendre la réalité dont il s’agit, il est peut-être utile de penser à son contraire : que se passe-t-il quand nous construisons sur la peur, la peur de l’échec par exemple ? Les conséquences sont patentes non seulement dans la vie de chacun d’entre nous, mais aussi dans celle de ceux et celles qui nous sont confiés.
Un autre point d’attention pour se lancer dans cette aventure de Lourdes est la vulnérabilité que chacun cultive comme une porte par laquelle, de préférence, Dieu peut entrer en nous. La vulnérabilité se cultive d’abord en soi. On cultive du blé, de la salade, des pommes de terre, etc. Mais cultiver la vulnérabilité, qu’est-ce que cela veut dire ? Cela signifie concrètement qu’il faut neutraliser à temps le venin des paroles blessantes, ne pas s’arrêter aux malentendus, et désamorcer les débuts de conflits. Faire attention à l’autre, c’est la vulnérabilité qui fait cela. La vulnérabilité, prête à pardonner, est infatigable.
Dans Le Petit Prince de Saint-Exupéry, on trouve peut-être une réponse lorsque le renard dit au Petit Prince :
« Mon secret est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »
Nous avons écouté un témoignage.
Je m’appelle Lorenzo B., j’ai 28 ans et j’habite près de Nantes. Le 6 mars 2016, ma vie a complètement changé. Alors que j’étais au lycée, où je préparais un bac professionnel de conducteur routier, j’ai été victime d’un AVC. Je suis resté trois semaines dans le coma, et mon pronostic vital était très engagé. Ma famille et quelques amis Montfortains ont beaucoup prié pour moi, ainsi que Yannick et ses copains militaires, qui se trouvaient à Lourdes à ce moment-là. Quand je suis sorti de réanimation, j’ai compris avec tristesse que j’étais paralysé de tout le côté gauche. Le choc et la stupeur m’ont fait pleurer. Ce jour-là, j’ai compris que plus rien ne serait comme avant. J’ai été admis au centre de rééducation Saint-Jacques à Nantes le 1er avril. Me voilà entouré de paraplégiques, de tétraplégiques et d’accidentés de la route. L’univers de l’hôpital, je ne le connaissais pas du tout. Je suis en fauteuil roulant et je ne pouvais plus marcher. Mes journées sont intenses, rythmées entre des séances de kiné le matin et l’après-midi, de l’ergothérapie et de l’orthophonie. C’est assez difficile pour moi au début, j’ai du mal à m’y faire et à suivre le rythme, mais j’y arrive progressivement. Je fais la connaissance de bonnes personnes qui ont pris soin de moi pendant mon séjour.
En février 2017, je me prépare à sortir de l’hôpital. Je ne cache pas ma joie, mais je sais que j’ai dû travailler dur pour pouvoir retourner à la maison. Je viens en pèlerinage à Lourdes depuis 2018 avec les Montfortains. N’ayant aucune connaissance ni pratique de la religion avant mon AVC, et sachant que
beaucoup de personnes ont prié pour moi, notamment la Sainte Vierge, je me suis renseigné pour pouvoir aller la remercier à mon tour, car certains de mes proches m’ont dit qu’elle serait intervenue pendant mon coma. J’ai eu la chance de me faire baptiser ici en 2019 par l’évêque des armées que j’avais
l’intention d’intégrer. Au fil des années mon état de santé s’est amélioré. Chaque jour, je prie la Vierge et chaque année je viens en pèlerinage avec les Montfortains et depuis deux ans je viens en tant qu’hospitalier en essayant de me rendre utile malgré mon
handicap, ça me plait beaucoup. Durant cette semaine, je ressens que Marie me soutient et n’est pas loin de moi. Depuis ce premier pèlerinage en tant que malade je me recueille à la grotte tous les ans pour lui dire Merci. De façon plus personnel et pour compléter mon témoignage, je vous parlerai de mon
ressenti en arrivant à Lourdes la première fois. Je fus impressionné par le nombre de bénévoles au service des malades, la bonne
humeur, la joie qui rayonne à St Frai. Le premier jour, un hospitalier à poussé mon fauteuil jusqu’au pied de la colline pour faire le chemin de croix. Au milieu des stations j’ai voulu continuer sur mes jambes et j’ai réussi ! Un signe de la Sainte Vierge j’en suis persuadé. Tout au long de la semaine j’ai assisté
aux offices à Pie X et à la grotte. Tous ces chants émouvants chantés par tout le monde m’ont bouleversé. A la fin de la semaine j’avais qu’une envie, c’était de revenir. Quelque mois plus tard je suis revenu pour recevoir le baptême au pèlerinage militaire, l’aumônier de l’école militaire de Saintes m’a révélé avoir ressenti pendant leur prière une intervention de la Vierge. Un grand MERCI à toutes ces personnes qui m’ont soutenu, à cette grande famille Montfortaine qui m’a si bien accueilli. Désormais je travaille, je vis toujours dans ma famille d’accueil mais je compte plus tard avoir mon propre foyer. Merci de m’avoir écouté. »
À ceux qui ont passé leurs vacances autrement, ils ont partagé leurs réflexions en disant…
Ana Cristina : c’est ma troisième année que je viens et je vis cette expérience car je suis attirée par la beauté et la sagesse du message de Lourdes. Je me sens en sécurité et libre intérieurement. Lourdes est une très belle expérience qui enrichit énormément ma foi, la foi en l’autre, la confiance et la paix avec soi-même.
La bonne humeur et l’ambiance de chacun dans notre groupe ont rendu ce séjour incroyable. J’ai apprécié la joie d’être ensemble, en groupe, et de découvrir les passions de chacun. Les chants étaient vraiment jolis. Le message de Lourdes est : venez à Lourdes, car c’est votre famille qui vous attend les bras ouverts ! Le contact avec les malades m’a appris à ne pas perdre patience dans l’adversité, à rester gentil même avec ceux qui souffrent et sont parfois désagréables.
Je reviens à Marseille en me rappelant que nous pouvons aider la plupart des personnes en leur offrant le sourire. Quand la dureté de la vie nous blesse, nous pouvons nous tourner vers Dieu et prier Marie et Jésus, car ils seront là, les bras ouverts, pour nous aider et nous soutenir jusqu’au bout. D’ailleurs, je remarque que l’architecture de la basilique donne l’impression de bras ouverts. À ceux qui ne sont pas venus, je dirais : venez, et vous repartirez beaucoup plus heureux
Lorenzo : Je suis venu à Lourdes car j’étais curieux de savoir ce que c’était et surtout pour renforcer ma foi chrétienne. Le séjour à Lourdes m’a apporté beaucoup de joie, de rigolade et de bonne entente. Quand nous nous occupions des malades à Lourdes, j’ai ressenti beaucoup de tendresse de leur part. C’était une expérience incroyable. J’ai apprécié les messes du bon matin, les activités pratiquées à Lourdes, les paysages et les chants des oiseaux.
Le contact avec les malades m’a fait comprendre qu’ils ne sont pas tous « aigris ». En rentrant chez moi à Marseille, j’ai compris que malgré nos différences, on peut recevoir de l’aide de la part de quelqu’un. Je suis sûr maintenant que je ne serai plus jamais seul, et que le Christ Jésus sera toujours là pour m’aider et m’accompagner.
Nathanaël : C’est mon premier séjour à Lourdes et je suis allé pour ma foi, pour vivre une expérience spirituelle et pour vivre les vacances autrement. C’est une excellente expérience que j’aimerais refaire dès que possible. Ce que j’ai apprécié, c’est l’ambiance et la découverte de la ville de Lourdes. Le message de Lourdes est universel : tout être humain mérite une attention et des soins appropriés à ses besoins. Le contact avec les malades m’a fait comprendre l’importance de s’aider les uns les autres. En rentrant à la maison, je ferai attention à la valeur de la vie, car toute vie a une importance inestimable. Quand la dureté de la vie nous blesse, je me souviendrai et j’apprécierai ce qui est positif dans la vie. À ceux qui ne sont pas décidés à venir, je voudrais vous dire que c’est une excellente expérience de se rendre utile aux autres.
Luca : ma seule et unique motivation est d’aller à Lourdes pour aider les malades. La semaine était un peu longue, mais notre apprentissage de la vie était constant. J’ai apprécié l’aide que j’apporte aux malades, ainsi que le fait de pouvoir échanger avec eux et les écouter. Pour moi, le message de Lourdes est simple : aide ton prochain. Le service que j’ai rendu aux malades m’a appris que l’attention humaine que nous portons est le meilleur remède de la vie. En rentrant à la maison, je ferai plus attention à chaque personne qui souffre et qui a son histoire, car nous restons toujours humains. À ceux qui ne sont pas venus, je dirais : venez au moins une fois pour rendre service aux autres.
Joris : ma motivation pour partir à Lourdes était d’accompagner et de rendre service aux malades. C’était une expérience extraordinaire. J’ai apprécié tout ce que nous avons fait en nous rendant disponibles pour les malades. Je trouve dommage que certains n’aient pas osé venir. Je vous dis : VENEZ au moins une fois.
Sonia : Je suis venue à Lourdes pour la première fois l’année dernière et j’ai beaucoup apprécié cette sérénité. Me voilà donc de retour cette année à Lourdes. C’est un endroit à part : les jeunes chantent, les prières retentissent dans les haut-parleurs. Tout le monde se croise comme de petites fourmis qui travaillent ensemble, avec le sourire. J’ai apprécié faire du roulage avec les malades. Cela n’est pas de tout repos, mais c’est tellement enrichissant que nous ne
ressentons même pas la fatigue, et les journées passent à une allure folle. Lourdes envoie un message de sérénité et de plénitude. On dirait que le temps s’arrête. On chante, on prie, on rit. On s’accorde du temps pour soi et pour les autres, on donne de notre temps. Le contact avec les malades m’a appris que, souvent, une oreille attentive, un sourire, un échange— et tout cela ne demande que du temps — peuvent ensoleiller la vie d’une personne, même pour un court instant. En revenant à la maison, j’ai compris que si l’on prend le temps, nous pouvons faire de belles choses les uns avec les autres pour s’entraider.
Une question demeure : comment aimer la vie quand sa dureté me blesse ? Toujours rester positif, toujours garder espoir, se dire que le négatif est
derrière nous. En rendant service aux autres, par le temps qu’on leur accorde, on s’aperçoit que parfois, et même souvent, nous n’appliquons pas les bonnes priorités. À ceux qui ne sont pas venus, je dirais : il faut venir pour comprendre. Le matin, nous sommes parfois un peu fatigués, et le soir, nous nous disons : «
Wahoo ! La journée est déjà finie ! »
Nous remercions chaque personne qui a consacré une semaine de ses congés et qui est venue pour rendre service aux malades.
Nous remercions le bureau de l’APEL pour son aide, qui a rendu notre vie très belle.
À la prochaine fois.
R. Janiec


